Geneva Shopping Magazine – Automne Hiver 2001 – Maya Castel

 

 

 

QUINTING Les Heures Transparentes

Interview de M. Pascal BERCLAZ, directeur de Quinting

 

 

Voilà plus d’un siècle que les maîtres horlogers cherchaient à réaliser une montre-bracelet entièrement transparente. René Quinting, un jeune ingénieur en automobile, a remporté le défi. Nous avons rencontré Pascal Berclaz, le président de la manufacture horlogère Quinting. L’histoire d’une incroyable aventure …

Maya Castel : Pascal Berclaz, bonjour. Comment en êtes-vous venu à reprendre la société Quinting ?

Pascal Berclaz : Amoureux des sciences de la nature, j’ai obtenu un diplôme d’ingénieur en électrotechnique puis travaillé au centre de recherche d’ABB. J’ai ensuite obtenu une licence en science économique, à l’université de Genève. Mon mémoire portait sur ce qu’il fallait mettre dans une entreprise pour augmenter sa capitalisation boursière. Suite à cela, j’ai été mandaté par des banques en tant qu’expert, pour restructurer des entreprises.

M.C. : Vous êtes alors devenu l’administrateur du groupe PB Finance. Mais à quarante ans, vous étiez décidé à arrêter à travailler...

P.B. : Oui, puis une banque m’a présenté la société Quinting que nous avons fini par reprendre en octobre 2000. Etant alors trop occupé pour la modifier, j’engageais le personnel et lui demandais de faire ce qu’il savait faire : produire des montres.

M.C. : En février 1999, sortait la mystérieuse Quinting. Une surprise ?

P.B. : La Montre Mystérieuse Quinting est l’unique montre-bracelet au monde qui soit totalement transparente. Ce qui, selon les dires de tous, était impossible !

M.C. : Comment René Quinting est-il parvenu à réaliser cette prouesse technique ?

P.B. : Après avoir analysé toutes les difficultés, il se fit aider par les ingénieurs Willy Cleusix et Norbert Perucchi, pour la conception ainsi que par Paul Friche pour l’exécution. Sept ans de travail acharné furent nécessaires.

M.C. : A voir la montre, il est difficile de s’imaginer comment elle fonctionne…

P.B. : Un mécanisme de grande complexité classe ce chronographe dans la catégorie des montres à complication. La quasi-totalité des 230 pièces et des 26 sous-ensembles sont fabriqués spécialement et exclusivement pour cette montre.

La partie centrale est composée de 11 verres en saphirs qui ont subi un traitement spécial de métallisation et d’antireflets afin de conserver une transparence extrême. Les verres sont mobiles ou fixes. Les saphirs mobiles sont en réalité des roures transparentes qui ont chacune une denture à l’extérieur et un axe en leur centre. Chaque saphir mobile est porteur d’une aiguille et comme la montre comporte 6 aiguilles, il y a donc 6 saphirs mobiles.

M.C. : Où le trouve-t-on ? Et sous quel habillage ?

P.B. : On trouve le chronographe Quinting en Suisse mais également bien au-delà de nos frontières. Il existe en or, en acier, en platine ou pavé de diamants.

M.C. : Comment le public l’a-t-il accueilli ?

P.B. : Très bien. Peu de temps après sa sortie, la Mystérieuse a remporté le Prix Officiel de la Revue des Montres. La presse spécialisée lui a consacré de nombreux articles, ce dont nous sommes ravis. Nous avons, pour ainsi dire, vendu pa production 2002 et, depuis peu, la société Quinting est cotée en bourse auprès du marché Helvética, créé par Bondpartners SA à Lausanne. Bref, nous avons été pris dans une vague montante impressionnante.

M.C. : Des projets ?

P.B. : Bien sûr, notre objectif est de maintenant développer une montre femme et une montre entièrement mécanique. La sortie sur le marché de ces deux produits est planifiée pour 2002.

M.C. : Comment véhiculez-vous votre image de marque ?

P.B. : Après étude approfondie, nous avons décidé de nous lancer dans le cyclisme car c’est le sport le plus pratiqué, c’est donc un excellent outil de communication. Nous voulons, ces prochaines années, sponsoriser des événements relatifs à ce sport, ce que nous avons fait dès le mois de mai dernier, en devenant chronométreur officiel du Tour de Romandie et en participant à l’épreuve de coupe du monde de cyclisme sur route, la « Züri-Metzgete » de Zürich.

M.C. : Voilà donc une affaire à suivre. Alors à bientôt Pascal Berclaz et merci.

Pascal Berclaz